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Mai 2016
L’inflammation du cerveau à l’origine de la dépression ?

La dépression est un problème de santé publique majeur. Selon l’Organisation mondiale de la santé, cette pathologie touche actuellement 350 millions d’individus dans le monde. Pourtant, ses causes restent encore largement méconnues. Une avancée essentielle vient d’être réalisée par des chercheurs canadiens, qui ont établi un lien entre dépression et inflammation du cerveau. Explications.

Hérédité, dérèglement hormonal, troubles psychologiques… De nombreux facteurs ont été avancés pour tenter d’expliquer la dépression. Et si l’origine de cette pathologie était à chercher directement dans le cerveau, et plus précisément dans son inflammation ? C’est l’hypothèse proposée par une équipe de chercheurs du Centre pour l’étude de la dépendance et de la santé mentale (Center for Addiction and Mental Health, CAMH) de Toronto.

Pour la vérifier, les scientifiques canadiens dirigés par les Dr Jeffrey Meyer et Elaine Setiawan ont analysé la présence de protéines de translocation dans le cerveau de 20 patients dépressifs et de 20 patients témoins. Ces protéines sont produites en grande quantité lorsque le système immunitaire du cerveau est activé suite à une inflammation.

Le résultat est éloquent : l’inflammation du cerveau est plus élevée de 30 % en moyenne chez les patients dépressifs. Trois régions sont particulièrement touchées : le cortex préfrontal, le cortex cingulaire antérieur et l’insula. Ce n’est pas tout : plus l’inflammation est forte, et plus l’épisode dépressif est sévère. Pour les auteurs de l’étude, « ces résultats fournissent la preuve la plus solide à ce jour du lien entre inflammation du cerveau et épisodes de dépression aigüe. »

L’espoir d’un nouveau traitement de la dépression

Compte tenu du nombre limité de patients ayant participé à l’étude, des expériences supplémentaires devront être conduites pour confirmer cette découverte. De nouvelles stratégies thérapeutiques pourront alors être envisagées. Des anti-inflammatoires ciblant précisément les zones du cerveau concernées pourraient ainsi être utilisés pour combattre la dépression.