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26 sep 2012

Les lampadaires : facteurs de dépression ?

D’après une étude américaine, l'éclairage artificiel nocturne pourrait augmenter le taux de dépression dans la population.

La dépression est une maladie grave qui est de plus en plus répandue et l’Organisation Mondiale de la Santé prévoit que la dépression sera la première cause d’incapacité dans le monde à l’horizon 20301. Compte tenu de ces constats, la dépression fait l’objet d’un nombre croissant d’études et de recherches, cependant, son étiologie (l'étude des causes et des facteurs d'une maladie) reste encore peu investiguée. Une équipe américaine a récemment publié les résultats d’une étude qui met en lumière les liens entre l'éclairage artificiel nocturne et l’augmentation du taux de dépression chez l'homme dans les dernières décennies. Les chercheurs ont quotidiennement exposé des hamsters femelles à des lumières artificielles durant la nuit et ont observé des comportements nerveux et de l'apathie chez ces sujets après 4 semaines. L’exposition chronique à de faibles lumières peut dérégler les cycles circadiens et avoir des conséquences physiologiques notamment sur la production de facteurs neurotrophiques qui concourent à la nutrition et au développement des tissus neuronaux. En effet, l’équipe de Tracy Bedrosian a montré que les hamsters exposés aux éclairages artificiels nocturnes développaient des symptômes dépressifs et présentaient également une augmentation de TNF (Tumor Necrosis Factor), un facteur qui joue un rôle dans les réactions immunitaires. De plus, l’utilisation d’un facteur inhibant le TNF pourrait empêcher l’apparition des symptômes dépressifs lors d’exposition à la lumière nocturne. D’autres études devront néanmoins être menées afin de déterminer le rôle du TNF dans les dépressions majeures (ou caractérisées)2.

Sources :
1Organisation Mondiale de la Santé. The Global Burden of disease 2004 update OMS.
2T. A. Bedrosian et al. Chronic dim light at night provokes reversible depression-like phenotype: possible role for TNF. Molecular Psychiatry, 2012, 1-7; doi: 10.1038/mp.2012.96