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Septembre 2016
La dépression : une maladie héritée de l'homme de Néandertal ?

L’Homo sapiens, dont 1 à 4 % du génome serait issu de l'homme de Néandertal, aurait hérité de certains traits caractéristiques de son lointain cousin, dont la dépression, selon une étude menée par les chercheurs de l’université américaine Vanderbilt.

Il y a environ 50 000 ans, l’Homo sapiens faisait la rencontre de l’Homme de Néandertal sur le continent européen. Les croisements entre ces deux espèces expliquent qu’on retrouve aujourd’hui 1 à 4 % de l'ADN des Néandertaliens chez les personnes d’origine européenne et asiatique. La question de l’influence de ces variables génétiques anciennes sur les êtres humains méritait d’être posée.
Pour y répondre, des chercheurs de l’université américaine Vanderbilt, à Nashville dans le Tennessee, ont analysé une base de données de 28 000 patients américains ayant des ancêtres européens. Ils ont analysé l’ADN de chaque individu pour y retrouver des traces de génome néandertalien, puis ils ont comparé cet ADN aux maladies des patients. Ils ont ainsi pu associer une douzaine de séquences héritées de l’Homme de Néandertal à un risque significatif de maladies actuelles.

Héritage néandertalien

« Notre principale conclusion est en effet que l’ADN de Néandertal influence des traits cliniques chez l'Homme moderne : nous avons découvert des associations entre l’ADN de Néandertal et un large éventail de caractéristiques, y compris des maladies immunologiques, dermatologiques, neurologiques, psychiatriques et reproductives », explique Tony Capra, généticien de l’université Vanderbilt dans un article paru dans la revue Science. Des liens ont ainsi été mis en évidence entre certains segments de l’ADN de Néandertal et un risque significatif de lésions de la peau, d’accidents vasculaires cérébraux ou d’embolies pulmonaires, mais aussi de dépendance à la nicotine et de dépression.

Une découverte importante

L’analyse suggère ainsi que certaines portions de l’ADN de Néandertal augmentent le risque de dépression jusqu’à 2 % par rapport au reste de la population, tandis que d’autres portions tendent à le faire baisser. Selon Tony Capra, cet héritage s’exprime donc très différemment d’un individu à l’autre. Une découverte importante qui pourrait aider les chercheurs à mieux comprendre les fondements de la dépression et à identifier le niveau de risque des individus à partir de leur capital génétique.