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02 Jan 2013

Etre soumis à des lumières intenses la nuit pourrait être à l’origine de dépressions

La luminosité et la durée du jour et de la nuit sont les premiers et principaux stimuli contrôlant les grands rythmes biologiques et influent sur les cycles de sommeil-éveil. Des changements dans la durée du jour, les décalages horaires mais aussi une rupture du cycle circadien (rythme biologique d'une période d'environ 24 heures) ou une privation de sommeil peut engendrer des troubles de l’humeur et du comportement.

Une équipe de chercheurs américains dirigée par Samer Hattar a soumis des souris de laboratoire à des stimuli lumineux pendant la nuit, elles ont été exposées à des cycles de 3,5 heures de lumière intense suivis de 3,5 heures d’obscurité. Après 2 semaines de ce traitement, les animaux ont montré des signes de dépression ainsi qu’une élévation d’une hormone du stress, le cortisol. Leur capacité d’apprentissage a aussi été affectée. Les souris ont ensuite été traitées avec un antidépresseur et ont retrouvé leur état initial et leur capacité d’apprentissage ce qui semble suggérer que leur attitude était liée à un état dépressif.

Les chercheurs ont ensuite reproduit cette expérience sur des souris ayant un déficit en cellules photosensibles de ganglion de la rétine, qui détectent normalement l’intensité lumineuse. L’exposition aux cycles de 3,5 heures de lumière intense/3,5 heures d’obscurité n’a pas eu d’impact sur l’humeur et le comportement de ces animaux, ce qui conduit à penser que la lumière a la capacité d’influer directement sur les fonctions cognitives et sur l’humeur via les cellules photosensibles de ganglion de la rétine.

Source : Aberrant light directly impairs mood and learning through melanopsin-expressing neurons. Legates TA et al., Nature. 2012. Nov 14. doi: 10.1038/nature11673.