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02 juin 2015

Dépression : vers des traitements de plus en plus personnalisés

Selon Antoine Pelissolo, Chef du service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor à Créteil, plusieurs facteurs pourraient contribuer à une prise en charge de plus en plus personnalisée de la dépression. Parmi eux : les biomarqueurs et les thérapies à distance.

La dépression : une maladie plurielle ?
Si certains symptômes de la dépression se manifestent de façon souvent similaire chez les patients (tristesse, perte d’énergie et d’appétit…), la maladie, elle, n’apparaît pas toujours pour les mêmes raisons. D’ailleurs, on ne connaît pas aujourd’hui la cause exacte de la dépression. Même si l’on sait qu’elle résulte de la combinaison de plusieurs facteurs de risque présents chez une personne : facteurs génétiques, déséquilibres biochimiques, événements psychologiques

Chaque patient dépressif est donc unique, différent. C’est pourquoi, d’après le chercheur Antoine Pelissolo, auteur de l’ouvrage « Dépression : s'enfermer ou s'en sortir ? », les traitements seront de plus en plus personnalisés à l’avenir. L’objectif : sonder la maladie de chaque patient pour lui proposer la prise en charge la plus adaptée.

Biomarqueurs et nouvelles technologies à l’œuvre 
Les biomarqueurs sont l’une des caractéristiques de cette approche plus personnalisée. Déjà utilisées en cancérologie, ces « signatures » biologiques propres à chaque patient regroupent des données objectivement mesurables : paramètres génétiques, dosages sanguins ou encore examens d'imagerie cérébrale.

Autre facteur qui pourrait encourager la mise au point de traitements mieux adaptés : les objets connectés. Ils permettent de collecter des données sur les comportements et les habitudes des patients. Des outils qui facilitent ainsi la mise en place de thérapies à distance pour améliorer la qualité des prises en charge. Un exemple ? L’application anti-dépression récemment lancée par l’Hôpital Huilongguan de Pékin, qui repose sur la détection à distance des signes de la maladie et offre la possibilité de prendre rendez-vous avec un médecin en ligne. Lorsqu’un cas lourd est détecté, une équipe de médecins entre alors directement en communication avec la personne, pour la guider sans délai vers le traitement approprié. Nul doute que la qualité des traitements s’améliorera significativement dans les prochaines années grâce à ces nouveaux outils.

Source
Antoine Pelissolo - Chef du service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor à Créteil
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/depression-les-moyens-de-s-en-sortir-19-02-2015-1906302_57.php 
Numéro d’autorisation : NOTPR-15.04-00003567