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Septembre 2016
Binge watching : l'orgie de séries TV conduit-elle à la dépression ?

Les chercheurs de l’Université du Texas se sont posé la question de savoir si la consommation effrénée de séries télévisées pouvait favoriser la dépression. Une étude aux résultats discutés.

Inspiré de l’expression binge drinking, qui désigne la consommation excessive d’alcool sur une courte période de temps, le binge watching consiste à visionner des séries en enchaînant les épisodes sans faire de pause, les yeux rivés à son écran. Les plateformes de streaming sur internet, qui permettent de regarder films et séries à la demande, ont encouragé l’émergence de ce phénomène. La fonction de lecture automatique de Netflix (quand un épisode se termine, l’épisode suivant démarre automatiquement après une pause de 15 secondes) pousse par exemple les internautes à enchaîner les épisodes.

Les personnes déprimées regardent plus de séries télé

Pratique excessive, le binge watching pourrait être associé à la dépression, la solitude et une forme d’incapacité à contrôler son comportement. C’est ce que suggère une étude publiée en 2015 par l’Université du Texas à Austin. Menée auprès de 316 personnes de 18 à 29 ans, elle passe au crible les habitudes de visionnage et les épisodes dépressifs. « Les résultats de notre recherche montrent que ceux qui se sentent le plus déprimés ont tendance à regarder plus de programmes », affirme Yoon Hi Sung, le doctorant responsable de cette étude. L'étude souligne par ailleurs que les adeptes du binge watching sont généralement seuls devant leur télévision, ce qui aurait tendance à en faire une pratique solitaire, renforçant l’isolement social souvent associé à la dépression.

Une simple corrélation entre séries télé et sentiment dépressif ?

Pour autant, rien dans les conclusions de l’étude ne permet d’affirmer que le binge watching est à l’origine de la dépression ou du sentiment de solitude, ni même que les personnes déprimées se plongent dans le visionnage intensif pour tenter d’échapper à leur mal-être. Certains chercheurs comme Raj Devasagayam, professeur de marketing au Siena College (État de New-York) et responsable d’une étude publiée en 2014 sur le sujet, semblent peu convaincus par ces résultats, y compris par l’idée que le binge watching serait une pratique néfaste. Il estime au contraire que la capacité d’attention des adeptes est plutôt impressionnante. Le débat sur le lien entre binge watching et dépression semble en tout cas bien lancé. Épisode à suivre !