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09 mar 2016

ADN et dépression : une découverte pour mieux soigner la maladie

Des scientifiques de l'Université d'Oxford ont découvert que la dépression ne se contente pas d’agir sur notre état d'esprit, elle modifie aussi notre ADN. Une découverte qui pourrait améliorer la détection et le traitement de la maladie. 

C’est un peu par hasard que les scientifiques du Wellcome Trust Center for Human Genetics de l'Université d'Oxford ont fait cette grande découverte publiée en avril 2015 dans Current Biology : la dépression n’affecte pas seulement l’humeur des malades, elle modifie aussi leur ADN ! Les chercheurs anglais planchaient en effet sur un tout autre sujet : ils traquaient un « gène de la dépression ». Contre toute attente, l’enquête menée sur un panel de 11 000 personnes souffrant de ce trouble psychique a permis de mettre en lien la dépression, l'augmentation du nombre d'ADN mitochondrial et le rapetissement des télomères.

De nouvelles pistes de traitement

En clair, la dépression modifie l’ADN en accélérant son vieillissement. En effet :

  • la dépression diminue l’efficacité des mitochondries qui fournissent en principe l'énergie nécessaire au bon fonctionnement des cellules ;
  • le corps compense cette perte d’efficacité en augmentant le nombre des mitochondries
  • à chaque fois que l’ADN mitochondrial se divise, cela use les télomères, ces petits « bonnets » positionnés au bout des brins d'ADN pour protéger nos chromosomes de la dégradation et donc de la perte de l'information génétique.  
  • les télomères se raccourcissent jusqu'à ce que la cellule ne puisse plus se diviser. On parle alors de vieillissement de l’ADN.

Cette découverte d’importance devrait non seulement permettre de mieux détecter la dépression, mais aussi d'améliorer les traitements destinés à la soigner car il s'agit selon l'étude d'un phénomène réversible, affirme sciencenews.org.