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13 mar 2012

50 ans, une période à risque de la dépression

La dépression est une affection fréquente dont la prévalence à 1 an varie entre 5 et 15 %, suivant les études réalisées en population générale. Elle est à son niveau le plus bas chez les 20-24 ans et augmente progressivement pour atteindre son maximum chez les 45-54 ans1.

Dans la tranche d’âge des 45-54 ans, les facteurs de risque de dépression sont particulièrement présents.

Ainsi, être une femme, le veuvage, le divorce, le chômage, l’invalidité sont des facteurs qui présentent des associations les plus fortes avec l’épisode dépressif majeur2.

Enfin, certains événements de vie, comme avoir eu une interruption volontaire de grossesse au cours de la vie, avoir été victime de violences dans les douze derniers mois, être issu d’une famille à revenu modeste… sont également associés à la présence d’une dépression2.

Les conséquences médicales, sociales et économiques de la dépression constituent un véritable enjeu. Le handicap généré par les pathologies psychiatriques est important tant d’un point de vue familial que professionnel3. Les patients atteints de dépression majeure présentent davantage de difficultés au travail, de problèmes maritaux et d’isolement social4.

Le nombre de morts par suicide, chaque année, en France, est d’environ 10 000 et la tranche des 45-54 ans est particulièrement touchée5.

La survenue d’une récurrence dépressive est fréquente (64 % à 5 ans, 80 % à 10 ans et 85 % à 15 ans) et la dépression évolue souvent vers une maladie chronique6.

Les médecins généralistes sont les professionnels de santé les plus consultés par les personnes dépressives au cours des 12 derniers mois (54,7 %), avant les psychiatres (34,6 %) et les psychologues (18,6 %)7.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère qu’en 2020, la dépression sera au deuxième rang des maladies les plus sévères en termes de coût global après les maladies cardio-vasculaires6. Cette pathologie continue de progresser au fil des années et sera la première cause d’invalidité en 20308.

L’épisode dépressif se caractérise par une modification profonde de l’état thymique, une souffrance morale et un ralentissement psychomoteur. Il est souvent polymorphe, s’accompagnant de nombreux symptômes tels que l’anxiété, l’impression d’impuissance, les ruminations… Les pensées et risques suicidaires s’ajoutent à la gravité de cette maladie9.

 

1 - Chan Chee C., Beck F., Sapinho D. et Guilbert P. La dépression en France. Enquête Anadep 2005. Editions INPES
2 - La santé mentale en France, surveillance et enjeux. BEH, 23 septembre 2008 ; N° 35-36
3 - Morvan Y. et al. La dépression en France : Prévalence, facteurs associés et consommations de soins. Baromètre santé 2005. Chapitre santé mentale
4 - INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) : la dépression chez l’adulte - en savoir plus pour en sortir, 2007.
5 - CépiDc. Effectifs de décès. Année 2009. Zone France métropolitaine. Consultable en ligne sur http://www.cepidc.vesinet.inserm.fr/cgi-bin/broker.exe
6 - Olié E. and Courtet P. Major depressive disorder : factors of risk, vulnerability and protection. L’Encéphale 2010 Suplt 5, S117-S122
7 - Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Dossier de presse 1er bilan ‘‘plan psychiatrie-santé mentale 2005-2008‘‘ et lancement de la campagne ‘‘Dépression : en savoir plus pour en sortir‘‘. Téléchargeable en ligne sur http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_de_presse_depression-2.pdf

8 - World Health Organization. The global burden of disease: 2004 update.
9 - Anne Worms et Sonia Souiou. La Dépression ou les Dépressions ? Mon psychologue.com 2008. Téléchargeable en ligne sur http://www.monpsychologue.com/admin/upload/ecrits/ MonPsychologue_1227190516.pdf