Quel comportement faut-il adopter envers un proche atteint de dépression ?

L’attitude des proches peut aider le patient dépressif ou, au contraire, compliquer sa rémission. L’entourage de la personne dépressive doit avant tout comprendre que la dépression est une pathologie, une maladie, et en aucune façon une marque de faiblesse.

Parole d'expert
Emmanuelle Corruble, psychiatre au CHU du Kremlin-Bicêtre
Quel comportement faut-il adopter envers un proche atteint de dépression ?

Un de vos proches souffre de dépression.

- Rappelez-vous toujours que la dépression est une maladie, non une faiblesse. Elle nécessite un vrai traitement pour guérir, ce n’est pas une question de volonté. Aussi, dire à un dépressif de « se secouer », de « faire preuve de volonté » ne l’aide pas et, au contraire, le culpabilise. Soyez positif et encourageant (« tu vas vite guérir maintenant que tu es aidé par un médecin »).

- Soyez à l’écoute et compréhensif : la personne souffrant de dépression se sent souvent incomprise, mais peut ressentir le besoin de parler. Sachez écouter sans juger, sans essayer de donner un conseil ou un avis : le dépressif souhaite juste exprimer sa douleur et son mal-être.

- Soyez vigilant, pour prévenir tout risque de violence du patient envers lui-même. N’oubliez pas que certaines personnes souffrant de dépression peuvent avoir des pensées suicidaires.

- N’hésitez pas à en parler à un médecin, surtout si cette situation provoque chez vous une grande anxiété.

La dépression d’un conjoint est difficile à vivre, car elle complique profondément les relations de couple. Le conjoint dépressif change d’attitude, participe peu ou pas du tout à la vie du foyer, envisage l’avenir avec pessimisme : cela peut être particulièrement difficile à vivre. Gardez toujours à l’esprit que votre conjoint souffre d’une maladie ; il ne remet pas en cause votre relation.